Les droits de succession entre frères et sœurs en Belgique font partie des plus élevés d'Europe. Contrairement à la ligne directe où les taux commencent à 3%, les frères et sœurs relèvent d'une catégorie fiscale bien plus lourde. Comprendre ces taux et les alternatives disponibles peut faire une différence considérable.
Attention : Les taux présentés ici sont ceux de 2026 et concernent la succession (pas la donation). Ce guide est indicatif. Consultez un notaire pour votre situation personnelle.
Tarifs 2026 par région — Frères et sœurs
Flandre
| Tranche (par héritier) | Taux | Impôt sur la tranche |
|---|---|---|
| €0 – €35.000 | 25% | €8.750 max |
| €35.000 – €75.000 | 30% | €12.000 max |
| Au-delà de €75.000 | 55% | – |
Bruxelles
| Tranche (par héritier) | Taux |
|---|---|
| €0 – €12.500 | 20% |
| €12.500 – €25.000 | 25% |
| €25.000 – €50.000 | 30% |
| €50.000 – €100.000 | 40% |
| €100.000 – €175.000 | 55% |
| €175.000 – €250.000 | 60% |
| Au-delà de €250.000 | 65% |
Wallonie
| Tranche (par héritier) | Taux |
|---|---|
| €0 – €12.500 | 20% |
| €12.500 – €25.000 | 25% |
| €25.000 – €75.000 | 35% |
| €75.000 – €175.000 | 50% |
| Au-delà de €175.000 | 65% |
Exemples chiffrés
Exemple 1 : Marc hérite de €50.000 de sa sœur défunte — Flandre
Calcul : 25% × €35.000 = €8.750 + 30% × €15.000 = €4.500
Exemple 2 : Sophie hérite de €150.000 de son frère défunt — Bruxelles
Calcul : 20% × €12.500 + 25% × €12.500 + 30% × €25.000 + 40% × €50.000 + 55% × €50.000
= €2.500 + €3.125 + €7.500 + €20.000 + €27.500
Exemple 3 : Pierre hérite de €100.000 de sa sœur défunte — Wallonie
Calcul : 20% × €12.500 + 25% × €12.500 + 35% × €50.000 + 50% × €25.000
= €2.500 + €3.125 + €17.500 + €12.500
Calculez exactement ce que vous devrez payer dans votre situation
Utiliser le calculateur gratuitPourquoi les taux sont-ils si élevés entre frères et sœurs ?
En droit fiscal belge, la fiscalité successorale repose sur le principe de proximité familiale. Plus le lien de parenté est éloigné, plus les taux sont élevés. La ligne directe (enfants, petits-enfants, parents, grands-parents) bénéficie des taux les plus favorables, car c'est la cellule familiale la plus proche.
Les frères et sœurs sont considérés comme des héritiers en "ligne collatérale". Ils ne font pas partie de la même branche directe, et la loi belge estime que les transmissions dans cette branche méritent une taxation plus lourde.
Comparaison avec la ligne directe
Pour illustrer l'écart : pour une succession de €100.000 en Flandre :
- Enfant héritier : 3% × €50.000 + 9% × €50.000 = €1.500 + €4.500 = €6.000 (6%)
- Frère/sœur héritier : 25% × €35.000 + 30% × €40.000 + 55% × €25.000 = €29.000 (29%)
L'écart est massif : quasi 5 fois plus pour un frère ou une sœur que pour un enfant, à montant égal.
Quand les frères et sœurs héritent-ils ?
En droit belge, les héritiers sont classés par ordre de priorité :
- 1er ordre : les descendants (enfants, petits-enfants)
- 2e ordre : les père et mère + frères et sœurs (si pas d'enfants)
- 3e ordre : grands-parents
- 4e ordre : oncles, tantes et leurs descendants
Les frères et sœurs n'héritent donc que si le défunt n'a pas de descendants directs (enfants, petits-enfants). En présence d'enfants ou d'un partenaire avec des droits successoraux, les frères et sœurs sont généralement exclus de la succession légale — à moins d'un testament explicite.
Stratégies pour réduire la charge fiscale
1. La donation de son vivant (7% sur les meubles)
La donation de biens meubles entre frères et sœurs est taxée à un taux forfaitaire de 7% dans les trois régions (contre des taux allant jusqu'à 65% en succession). Exemple : donner €50.000 à son frère coûte 7% = €3.500 en droits de donation, vs €13.250 en succession (Flandre). L'économie est de €9.750.
2. L'assurance-vie avec désignation de bénéficiaire
Le capital d'une assurance-vie versé à un bénéficiaire désigné ne fait pas partie de la masse successorale. Il n'est donc pas soumis aux droits de succession. C'est une solution simple pour transmettre un capital à un frère ou une sœur avec une fiscalité plus favorable.
3. Le démembrement de propriété
Dans certains cas, un démembrement (l'un garde l'usufruit, l'autre reçoit la nue-propriété) peut réduire la base taxable. En savoir plus sur le démembrement.
4. Le testament bien rédigé
Un testament permet d'organiser la succession selon vos souhaits, en désignant les héritiers et les biens qui leur sont attribués. Combiné à d'autres mesures (donation préalable), il peut optimiser la transmission globale.

